Viva La Zarra

Dernière mise à jour : juin 18



Sa voix ample s'empare des chansons qui descendent dans la rue et réconcilie les rengaines réalistes de jadis et les hymnes rap d'aujourd'hui. C'est un pont que jette ainsi La Zarra (Fati) avec ce mash-up voltigeur produit par Benny Adam et Pierre-Laurent Faure Mon Dieu, de Piaf, percute A l'ammoniaque, de PNL. Nourrie au hip-hop francophone et américain, la chanteuse, québécoise de Montréal, a été découverte en 2016 sous le nom d'Ivy, dans Printemps blanc de Niro. Une chanson revisitée en solo, décidée à mettre sa puissance évocatrice au service des musiques urbaines. Après Tirer un trait,reprise du Marseillais SCH, La Zarra propose Tu t'en iras. L'occasion de la soumettre à l'interview Roulette Ruse.Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


12. La chanson, hasard ou vocation?

J’ai toujours été attirée par la musique et par la danse, j’ai pratiqué la clarinette et la basse, je chantais juste, mais je ne savais pas utiliser ma voix, je me contentais d’imiter les stars du r’n’b. C’est seulement en écoutant attentivement Shirley Bassey, Billie Holiday ou Dalida, que j’ai appris à travailler ma voix. Lors d’une soirée chez moi, j’ai interprété au piano une chanson de Céline Dion, et un ami compositeur qui se trouvait là, m’a proposé de passer en studio le lendemain.


36. Votre premier quart d’heure de gloire?

Printemps blanc, sur l’album de Niro, en 2016. J’ai senti alors qu’un chemin se profilait, mais j’ai repris mon job, car je ne connaissais personne dans ce milieu. J’étais coiffeuse à Montréal, je le suis encore, je coiffe à domicile.



4. Un chanteur disparu, ou vivant, que vous auriez aimé connaître?

Charles Aznavour. J’aurais aussi aimé observer Barbara faire de la musique. Et j’aimerais rencontrer Céline Dion et Akhenaton. Je l’ai tellement écouté, adolescente.

21. Qu’est-ce qui vous inspire?

Hôtel Budapest et tous les films de Wes Anderson, Certains l’aiment chaud ou Charade, pour l’humour des situations et la répartie des personnages. Des mélodies me viennent parfois à des moments du quotidien. Les textes de mon premier album à venir sont plutôt mélancoliques, je parle de relations humaines, de femmes fortes…

30. Votre album vous ressemblera à … %?

50% peut-être. La façon d’aborder des sujets de façon légère, et poétique j’espère, donne j’imagine une bonne idée du personnage.

1. Quelle histoire derrière votre nom de scène?

Je n'avais envie de me présenter avec mon nom complet qui est composé, les gens ont souvent des a priori sur les origines, et je veux être d’abord envisagée comme une artiste. La Zarra comprend une partie de mon nom, j’ai ajouté un deuxième r. « La » est un hommage à La Môme, car Piaf vit en moi. Chaque jour j’écoute Piaf.


16. Qu’est-ce que vous entendez dans sa voix ?

Une émotion qui me foudroie en plein coeur. J’ai aussi le sentiment d’entendre une femme puissante à qui personne ne tenait tête. Et une voix de la France.

8. Des artistes récentes qui selon vous ont changé l’image de la femme?

Lizzo, elle envoie un message fort. Lady Gaga qui me touche par ses engagements.


28. Quelles musiques écoutaient vos parents?

Ma mère passait beaucoup de cassettes de musiques arabes. Et Piaf. Mais à l’époque, je n’adhérais pas à façon de rouler les r. Pour m’endormir, elle me chantait L’Oiseau et l’enfant, de Marie Myriam.

27. Que vous voyez-vous de votre fenêtre? Cela vous inspire?

Un jardin recouvert de neige, c’est un paysage blanc et beau qui me rend nostalgique car je vais bientôt déménager. C’est un jardin inspirant, puisqu’il a inspiré une chanson à mon compositeur.


5. Avez-vous un gri-gri?

Plus du tout. J’ai porté pendant cinq ans une bague en argent trouvée dans la rue mais je lui accordais trop de pouvoir. Un jour, je l’ai retirée et lancée au loin.

33. A quand votre fiche Wikipédia?

Ce n’est pas prévu. Quand elle sera en ligne, je pense que des amis y glisseront quelques absurdités pour rigoler. Pour l’instant, je dévoile peu de choses de moi, ce n’est pas le plus important. Je le fais peut-être par jeu comme si je voulais qu’on me court après.