Sous les soleils de Julia Jean Baptiste


Les rayons d'une pop radieuse éclairent les nuits d'ombre de Julia Jean Baptiste, "fille aux trois prénoms", comme elle se qualifie, fille multiple entendue dans les groupes Pendentif et Nouvelle Vague, et désormais en solo. La Lyonnaise de la Croix Rousse écrit des ballades nomades suaves et sombres, des airs de bossa percent ainsi dans ce Soleil noir, nouveau morceau se métamorphosant au fil des rimes en soleil de minuit. La voix douce contourne la jalousie vipérine de Faux Amours, chanson d'une révolution intime qui donne son titre à un EP annoncé pour la rentrée. L'occasion de soumettre Julia à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question. Pour lire l'interview, suivre le lien dans la bio.



13. Quels posters sur les murs de votre chambre d’adolescente?

Jude Law et David Bowie, découvert d’abord à travers le film C.R.A.Z.Y. puis dans la foulée en voyant Velvet Goldmine qui a confirmé mon amour infini pour lui. J’ai d'ailleurs fait tatouer Ziggy sur mon poignet le jour de mes 18 ans J’étais aussi fan de glam rock, T.Rex, New-York Dolls… Le mur était rempli de paillettes. La mort de Bowie a été un drame. Quand j’ai appris la nouvelle, je travaillais dans un café et je me suis isolée pour pleurer.


35. Est-ce que l’on vous connaît à 100% en écoutant vos chansons?

En tout cas, on y voit mes failles, mes doutes, le manque de confiance en moi, notamment dans une chanson comme Faux amours. Mais le message reste optimiste. Par exemple, Soleil noir évoque la lumière qui perce dans le noir. En écrivant ces textes, je suis allée au plus proche de moi-même. Je me suis rendu compte après coup quelle super thérapie cela avait été.


11. Qu’est-ce qui vous inspire?

Un soir, dans mon salon, j’étais toute seule, un peu dans la dep’, je scrollais Instagram d’une manière frénétique et toxique, posais mon téléphone et le reprenais cinq minutes après. J’avais l’impression qu’une vipère s’immisçait en moi, à force de comparer des vies qui n’ont pas à l’être. C’est devenu Faux amours.

(C) Natacha Mojaïsky

8. Une date-clé dans votre parcours?

2015 a été une date charnière autant personnelle que professionnelle. J’ai arrêté mes études de communication pour rejoindre la tourné de Pendentif. J’avais rencontré le groupe à Toulouse. Leur chanteuse venait de les lâcher après la sortie du premier album. La musique indé me convenait tout à fait. L’expérience de la Star ac ne m’avait pas plu, je m’étais inscrite pour faire rire les copines, j’avais envoyé une vidéo en guise de cadeau d’anniversaire à l’une d’elle, et j’ai été retenue. Ce n’était pas un objectif. J’ai pu ainsi désacraliser le star system qui de toute façon ne me faisait pas rêver. J’y ai quand même vécu des choses improbables comme chanter avec Rihanna ou Lenny Kravitz.


12. Une chanson qui vous rappelle l’école?

J’ai 10 ans, d’Alain Souchon, au CM1, une vidéo me montre en gros plan, avec des dents... Et Pour que tu m’aimes encore, de Céline Dion. Une copine m’avait recopié les paroles sur un cahier Diddle, que j’ai retrouvé dernièrement.

4. Votre premier quart-d’heure de gloire?

Lors d’un concert avec Pendentif pendant une fête de la musique sur la place immense de Tirana (Albanie). L’ampli de guitare est tombé en panne, en attendant qu’il soit réparé, j’ai chanté a capella Les Champs Elysées, de Joe Dassin, que la foule à repris en choeur.



19. Chantez-vous dans votre cuisine? Sous la douche?…

Cela m’arrive d’avoir des envolées lyriques sous la douche, je sors encore humide et m’enregistre vite sur mon dictaphone. Une chanson de mon album est née ainsi. Je chante aussi dans la cage d’escalier, la réverbération est parfaite.

1. Une chanson parfaite selon vous?

Disse Alguém, de Joao Gilberto, Gilberto Gil et Caetano Veloso. La perfection absolue. J’ai baigné dès mon enfance dans la magie de la bossa nova, mon père en écoutait beaucoup.



24. La chanson que chantait votre grands-père?

Mon grand-père paternel était martiniquais, lorsque l’on allait en voiture en Normandie, il passait La Filo de Malavoi, et en arrivant à la maison, je dansais la biguine avec lui. J’ai découvert la Martinique à 28 ans, après sa disparition. En atterrissant dans la baie de Fort de France, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je retrouvais une partie de mes racines.