Ramo d'or, pop nature

Mis à jour : il y a 5 jours

Son deuxième EP porté par le morceau A nouveau sauvage est une odyssée électropop tropicale et optimiste sur la nature, et la nature humaine. Ramo (Thomas Emeriau) a choisi la ligne claire, percussive et faussement naïve pour imprimer des hymnes écolos en état d'urgence.


(c) Jeronimo Acero

ACCORDS DE YALTA

" Enfant, je voulais apprendre le piano, comme le cours était complet, je me suis inscrit à celui de trompette classique et, à l'adolescence, j'ai accompagné de petits groupes de rock, à Laval. Après mes études d’ingénieur et les stages qui ont suivi, notamment chez Vuitton, j'ai travaillé dans le monde ferroviaire tout en intégrant le groupe Yalta Club. Et puis, j'ai quitté mon boulot. Sauter dans l’inconnu de la musique et de la précarité, est un choix qui structure. Avec le groupe, on a beaucoup tourné, 200 concerts en Allemagne, en Suisse et puis le rythme de Yalta s’est ralenti. Les thématiques sociales et politiques (crise des réfugiés, violences sexuelles, attentats) étaient abordés dans les chansons, et finalement, chacun a creusé individuellement ce sillon. Nicolas a monté le Smmmile Festival à La Villette qui fait la promotion du mode de vie vegan. Corinna était au début de SOS Méditerranée et a lancé une maison d’accueil pour réfugiés en Allemagne. Geff donne des cours de musique, à la prison de Fleury Mérogis. Sébastien se lance dans la responsabilité sociale des entreprises. Et moi, je suis devenu Ramo."




RAMO D'OR

" Ce projet solo est un moyen pour moi de parler de sujets qui me préoccupent. Le nom de Ramo est déjà un ressort. J’ai d'abord pensé m’appeler Rousseau, clin d’oeil à Henri Rousseau qui a marqué mon enfance - les visites, écolier, au Musée Douanier Rousseau de Laval, m’ont permis de découvrir l’art naïf. Ramo, c’est aussi le bout de branche qui tient la feuille, le côté végétal. Et l’anagramme de Amor, ce qui me plaisait bien, car je suis quelqu’un d’optimiste. Le rôle que j’aimerais tenir d’une façon tout à fait humble, grâce à la musique, c'est celui de caisse de résonance des sujets de société, par exemple la place de l’environnement, la relation aux animaux, la responsabilité vis à vis des générations futures... Mes chansons parlent de cela et que de cela. Mettre l’avenir en perspective, puisque l’on est condamné à marcher, à avancer, à vivre. Retrouver d’autres choses, plus primitives, comme l’entraide, la bienveillance, le lien social, face à une société qui se heurte à des limites. Alors, je suis écolo, oui, mais sans morale."


JUNGLE DE SONS

« J’avais chanté pour la soirée du magazine de voyage Les Others, qui lançait un podcast. Un couple d’explorateurs, Barbara Réthoré et Julien Chapuis (natexplorers) étaient interviewés à cette occasion. Ils sillonnent les quatre coins du monde pour relayer les initiatives permettant de sauvegarder les espèces en voie de disparition, de protéger la nature. On entendait lors de cette rencontre avec eux les enregistrement de sons d'oiseaux, de singes. Je les ai contactés ils me les ont envoyés et je les samplés pour le EP. Valérie Chauffour (directrice artistique, créatrice de « La robotte ») signe les illustrations de Ramo. Elle a peint pour le premier EP un homme avec une tête d’oiseau et l’a collé sur des photos, cela avait plus de sens que ma tête. Pour le deuxième, l’homme-oiseau est remis dans le contexte, une ville d’une civilisation passée, la Tour Eiffel est recouverte de plantes. Après, à quel moment, le masque d'oiseau tombe, à quel moment, faut-il se dévoiler tout à fait ? "






Point Ephémère, Paris. Le 5 juin.

© 2018/2020 by Gilles Medioni