Mathieu Des Longchamps, du Panama à Paname

Mis à jour : mars 28

Son EP chante la nostalgie d’une enfance passée dans une cabane au Panama. Mais ses musiques radieuses alternent reggae sifflotant et chansons latinas. Autant d’invitations à flâner sous le soleil de Mathieu Des Longchamps.


(c) Jorge Lopez


DU PANAMA A PANAME

"Mes parents ont longtemps eu un côté hippie, éternel enfant. Mon père est fils de diplomate, il a grandi dans les pays chauds. Il était musicien, vivait huit mois par an dans une cabane au Panama, et le reste du temps, il jouait de la harpe paraguayenne à New York, au Québec. C’est là qu’il a rencontré ma mère - et que je suis né. Ensemble, ils ont monté un duo franco-espagnol, Pamcos (Hugo Pamcos et Claudette Lagacé). Mon père écoutait de la musique sud-américaine et classique. Ma mère, de la folk, Joni Mitchell. Ils étaient artistes intermittents. La plupart des morceaux racontent mon histoire: une enfance au Panama, l’adolescence à Paris, les étés là-bas. Un pied dans l’acoustique, le voyage, l’autre dans les studios, l'aujourd’hui et demain."




MA GUITARE

"J’ai fait mes premières armes sur scène avec mes parents, à 12-13 ans, en jouant du bongo, des maracas. Je voulais être guitariste comme mes idoles, Paco de Lucia ou Jimi Hendrix. J’étais inscrit en section musique, mais quand j’ai appris que l’épreuve du bac portait sur du classique, j’ai raccroché, je ne jouais pas de guitare classique. Mes parents m’ont soutenu. J’ai d’abord suivi des cours de jazz, à l’American School of modern music de Paris, à celle de Buenos Aires, où j’ai travaillé la bossa, le tango. Pendant la coupure des trois mois de vacances, je suis allé en Uruguay avec un copain, mais le premier jour, on s’est fait voler nos sacs à dos, nos guitares, notre argent. On a fait la manche, empruntant des guitares, c’était notre carte bleue à nous. J’ai eu 20 ans sur place."


MON INSPIRATION

"La plupart des morceaux du EP, et de l’album à venir, sont nostalgiques, sentimentaux. La Guaira est l’endroit où j’ai grandi au Panama. Tenemos todo est dédié à une fille, mais évoque aussi cette enfance dans une cabane qui m’a façonné. J’ai écrit Rumba Clara en sortant de l’eau, sur un rocher, un été, en Espagne, Clara à côté de moi. Je la trouvais aussi incroyable que le paysage, mais au lieu de se baigner dans la crique à l’eau transparente, elle préférait lire le journal sur la plage. J’ai toujours chanté en espagnol. Mes textes en français sont plus graves, plus mélancoliques."



EP: Tenemos Todo. Polydor/Universal

En concert au Petit Bain (Paris), le 11 juillet

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