Marilyn Lima, l'étoile des mers

Mis à jour : mars 10



Un jeu tout en pastels et sanguines. Des rôles remarqués qui enchantent le cinéma. C'est Marilyn Lima qui incarne la sirène brûlante d'amour et d'émotion du film de Mathias Malzieu, Une sirène à Paris, avec Nicolas Duvauchelle en marin urbain au coeur brisé. Découverte lors d'un casting sauvage sur le Tumblr d'un photographe, la comédienne de 24 ans, passionnée de montagne et d'océans, s'est imposée en une poignée d'années à la fois dans des romans du quotidiens (Entre deux mères; la bande de lycéens de Bang Gang ou de Skam) comme dans le conte contemporain d'Une Sirène à Paris qui oppose au grand cirque du monde, un nomadisme poétique. L'occasion de la soumettre à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


1. Que faites-vous entre deux tournages, entre deux castings?

Je marche dans la montagne, concentrée sur mon pas, c'est une immersion dans la nature et le silence; je dors sous ma tente à moins 8 degrés. Ou à l’inverse, je nage sous la mer, je pratique la plongée. Ce métier emporte dans un tel tourbillon, je ne pourrais pas être comédienne, si je ne me chargeais pas en émotions, et j’ai un besoin vital d’être seule ou avec mon chéri.



14. En quoi ces parenthèses vous servent-elles dans votre métier?

Cela m’apprend la patience, l’endurance, la concentration… et me sert pour un rôle, pour une scène lorsque, par exemple, je suis bloquée dans une baignoire remplie d’eau froide, encombrée de nageoires, contrainte physiquement… Et en général, cela me permet de ne pas lutter contre ce qui arrive mais de l’accepter. Apprendre permet de grandir. Et vivre deux mois dans le cocon d’un tournage, entouré de 50 personnes inconnues est une super expérience de groupe. Autant bien la vivre.


31. Des livres qui vous accompagnent?

Ma bibliothèque est remplie d'ouvrages de philosophie bouddhiste, hawaïenne, de bien-être, de récits sur la montagne, sur les océans. Je mets en application ces pensées. Dans un monde qui nous accable de mauvaises nouvelles, il faut trouver des solutions pour vivre mieux, voir le beau partout, dans le sourire de quelqu’un, dans un arbre aperçu par la fenêtre d’un train. Comme Mathias, je traque la poésie partout.



Une Sirène à Paris, de Mathias Malzieu, avec Nicolas Duvauchelle

7. Le point commun avec votre personnage?

La partie animale, malgré moi. L’eau: je me sens bien dans l’élément aquatique. L’amour. Je suis une grande amoureuse. Voici quelques unes de mes facettes.





20. Le cinéma: hasard ou vocation?

Un hasard transformé en passion, même si j’utilise ce mot avec parcimonie, et davantage pour mes aventures dans la montagne ou la mer. Au lycée ou dans ma famille, j’étais un peu le clown, mais je pensais plutôt exprimer mes émotions par le dessin, la bande dessinée, les livres pour enfants. Je le ferai sans doute un jour.


22. La palme du style à…?

Mike Horn. Respect à l’homme, à son courage, à sa mentalité de sportif, à sa force de vie, à son caractère. J’ai lu ses livres et mangé ses mots.





18. Quels posters dans votre chambre d’enfant, d’adolescente?

Jenifer, je suivais la Star Ac’ avec mes deux soeurs. L’une aimait Lorie, l’autre Garou.



25. Qu’avez-vous fait avec votre premier cachet?

J’ai loué un appartement à Bordeaux avec le cachet de Bang Gang. Après des allers-retours à Paris pour des castings, j’ai fini par m'y installer comme dans Une Sirène à Paris, la péniche du film en moins. Bordeaux reste ma ville de coeur.


Bang Gang, de Eva Husson. Avec Lorenzo Lefebvre

33. Un accessoire qui ne vous quitte jamais?

Un médaillon en forme de deux coeurs dans lesquels j’ai placé une photo de ma mère et une de mon père, jeunes. Une petite boîte à bisous que ma maman m’avait confectionnée pour mes dix ans. Je l’avais perdue et elle m’en a fabriquée une identique qui me remplit d’émotions. Je suis hypersensible. Avant je me servais de pensées tristes pour pleurer lors d’une scène douloureuses. Maintenant, j’utilise des pensées joyeuses et je vais beaucoup mieux à la fin de la journée.



Skam France

9. Un adieu récent?

Quitter la famille de Skam a été un petit déchirement, mais je tournais Une sirène à Paris, et il faut laisser la place aux nouvelles saisons, aux nouveaux comédiens. L' expérience a été marquante. Savoir que Skam a parfois changé la vie des fans, leur adolescence, les a soutenu dans des épreuves m'a bouleversée. Je suis une vraie éponge. C’est pour cette raison que je m’éclipse souvent.

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