Les scènes de vie d'Eva Rami



(C) Alain Gontier

Elle déroule dans T'es toi!, son nouveau seule en scène, une vie tendue vers sa vocation de comédienne passée par le Conservatoire de théâtre de Nice puis celui de Paris. Caubère au féminin, Eva Rami se glisse dans une multitude de personnages qui se répondent avec l'accent, pour raconter ses métamorphoses, ses tours et détours vers le succès, de Nice à la capitale en passant pas Avignon: déception, ambition, réconciliation... Un parcours qui doit beaucoup à sa force vive et à sa détermination brûlante: Eva a parfois été à l'affiche de 7 spectacles la même année. L'occasion de la soumettre à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.



36. Le film dont vous auriez aimé être l’héroïne?

Petite, j’aurais adoré jouer Matilda dans Léon, de Luc Besson. Plus récemment, en regardant La Casa de Papel, j’ai été bouleversée par le personnage de Nairobi, et la palette dingue de son jeu. J’ai le fantasme d’un film d’action.


(C) Gaëlle Simon

2. Un modèle?

Elie Kakou a allumé la flamme. Je suis admirative de son mélange d’humour absurde et réaliste. De sa force de travail. De sa gestuelle. Quand j’ai vu la Compagnie des sales gosses reprendre ses sketches dans une émission de télé, j’ai commencé à l’imiter. J’habitais un petit village près de Nice et j’ai dû attendre mes 14 ans pour suivre des cours de théâtre. A mes tout débuts, j'ai commencé par des sketches dans des café-théâtres. En écrivant Vole!, j’ai accepté ma part de poésie qui m'a emmenée loin du stand-up, vers une démarche plus théâtrale, intime, contemporaine.

12. Ce que vos parents vous ont transmis?

Je le dis dans T'es toi!: être le plus autonome possible. C’est une forme de liberté si ce n’est la liberté tout court. Dans le spectacle, mes parents restent des archétypes, mon père n’est pas sanguin, ma mère n’est pas une bourgeoise ni une grande fumeuse, elle est prof de tennis.

27. Une date artistique importante?

Le 7 juin 2014, jour de la toute première de Vole! Au Théâtre 95 de Cergy. J’étais à la fois tétanisée et tellement heureuse . J'étais sûre de me trouver au bon endroit. J’avais tellement peur que cette histoire ne touche personne, j'évoquais la transmission, le deuil, l’émancipation, l’amour, l’amour filial… et cela a plu. Cela a été la fin et le début de quelque chose. La deuxième date importante, c’est le 3 mars 2018, lors de la première de T’es toi! au Théâtre National de Noce, donc chez moi, mes amis du conservatoire étaient dans la salle.



1.Une chanson que vous chantait votre grand-mère?

"Beaux yeux/Beau Front/Nez de cancan/Bouche d'argent/Menton fleuri..."C'est une comptine provençale de Jean-Philippe Crespin et Bernard Davois, qui précédait une séance de guilis guilis:




13. Un livre de chevet?

J’alterne plusieurs livres selon l’émotion du soir. En ce moment, Céder n’est pas consentir de Clothilde Leguil, psychanalyste et philosophe. Une forme de témoignage qui est partie du mouvement # metoo. Le Complexe de la sorcière, d’lsabelle Sorente, une enquête historique sur la chasse aux sorcières. Et La rose la plus rouge s’épanouit, une bédé de Liv Strömquist, à propos des princes charmants.

22. L’artiste disparu que vous auriez aimé rencontré?

Elie Kakou, et je lui aurais demandé s’il accepterait de mettre en scène mon troisième spectacle.


8. Un rituel, un porte-bonheur?

Le doudou que ma grand-mère a mis dans mon berceau - je suis née en Argentine - mon père était professeur des écoles. C’est un ourson saturé de symboles. Sinon, avant de monter sur scène, je fais des échauffements, car le spectacle est une vraie course de fond. Dans T’es toi !, j’interprète une vingtaine de personnages. Et je bois du thé tiède pour les cordes vocales.



T'es toi! Théâtre Montparnasse (Paris), jusqu'au 31 décembre. www.theatremontparnasse.com