Les mots noirs d'Antoine Elie

Mis à jour : mars 28

Avec son premier album Roi du Silence, Antoine Elie impose une chanson-rap sans armure qui ferraille avec ses blessures. Sa voix de rogomme s'élève haut dans la chanson, pleine de clopes, d'épines et d'urgence. Puissant.


(c) Jim Rosemberg


SILENCE ROI

"Lorsque je me tais, je maîtrise mes pensées. Sinon, je me laisse porter par les mots, par leur énergie et je me surprends parfois à défendre une idée juste par la force de l’émotion. La musique, c’est pareil: une pulsion. Au départ, je viens de Brel, Brassens, Gainsbourg, Cabrel, de la variété, de la guitare-voix, de la langue français. J’ai suivi les cours de l’Ecole Atla, les stages des Rencontres d’Astaffort, chanté dans le métro. Et puis, je suis allé vers Booba, SCH, dont j’ai repris Fusil à la guitare. Aujourd'hui, je ne gère plus les rimes, je laisse aller les paroles comme une bourrasque. Ma musique ressemble à ce que je suis. Avant, je n’aurais pas acheté mes disques."





LES MURS DU SON

"Petit, je criais beaucoup, je tapais sur les murs, j’étais sensible au langage non verbal, au ressenti

Adolescent, je me brûlais le bras avec des cigarettes. Maintenant, je suis plutôt en paix avec mon côté auto-destructeur, moins tête brûlée, plein de vie. Le fait est que lorsque je bois deux ou trois verres, je deviens l’homme que je voudrais être. C’est quelque chose que l’on alimente ou qu’on laisse mourir. Je prends la musique comme une drogue qui calme mon mal-être. J’adore la physique des micro-particules, je regarde les conférence de Etienne Klein, des interviews, des articles. Nous sommes des molécules créées par la combustion des étoiles. Ce genre de pensées me rassure."




LES ROSES ET LES RHUMS

"Mano Solo énormément marqué. A travers ses chansons, on approchait sa brûlure originelle, c’était au-delà de sa maladie. Bertrand Cantat a été une autre influence à un moment, la voix, l’âme… Quel gâchis. Mes textes parlent de mes errances, car j’ai beaucoup traîné de nuit et souvent fini assis à discuter avec un clochard (Nuit tranquille), d’un pote héroïnomane, avec qui on squattait la plage du Havre, il est mort d’overdose (Le Bad), de ma grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer (Nous liés)… D'amour aussi, bien sûr (La Rose et l'armure). Je veux faire entendre mes noirceurs, montrer comment un gars se brûle et va à la rencontre de ses semblables."


Roi du silence. Polydor.

Le 16 avril. Les Etoiles. Paris. Et en tournée.


3 Livres de chevet

Souvenirs de la maison des mort, de Fiodor Dostoïevski

Le Gai savoir, de Nietzsche

Roberto Zucco, pièce de Bernard-Marie Koltès, biographie de Pascale Froment

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