Les dérives souterraines de Terrier


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Une voix souple et grave qui descend encore davantage lorsqu'elle explore les bas-fonds sentimentaux, existentiels. C'est Terrier (aka David Enfrein), vendéen, 25 ans, compositeur de musique à l'image. Ses confidences déclamées font souffler sur la chanson-rap un lyrisme sombre et brut, creusé dans les souvenirs adolescents - Tourniquet, un amour qui se tournait autour . Ou retraçant un vagabondage, seul au volant sur les routes anglaises: Traversée punk. Deux morceaux ivres de routes et déroutes, enregistrés et mixés au spectral studio par Robin Leduc. L'occasion de soumettre Terrier à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


1. La chanson : hasard ou vocation ? 

Je dirais hasard, parce que ma vocation c'était la musique dans sa globalité. Je suis venu à la chanson par hasard, et par le biais de cette vocation.


22. Quels posters dans votre chambre d’enfant ?

Un poster en noir et blanc de Bob Dylan et un autre de l'équipe de France 1998. 

6. Ce que la musique a révélé de vous et en vous ?

J'ai commencé à pratiquer la musique à l'âge de 6 ans, cela a été assez naturel et évident pour moi, ce n'était pas juste un "passe temps"... J'étais fasciné par les émissions de télé musicales et je matais les batteurs et les guitaristes avec envie ! Après j'ai découvert par la musique, une forme de dialogue que je n'avais pas forcément dans la vie de manière générale. Il y a plein de sujets sur lesquels je peux me montrer pudique ou réservé. Avec la chanson ou la musique c'est plus facile, un peu comme si les notes ou les mots brisaient des barrières.



28. Qu’avez-vous acheté avec votre premier cachet ?

Avec la paye des petits boulots saisonniers - je ramassais des mogettes (haricots blancs) dans les champs vers mes 15 ans - je me suis acheté ma Fender Telecaster que j'utilise toujours sur scène. Et avec mon premier cachet, j'ai du descendre quelques bières eh eh !


16. Le meilleur conseil reçu ?

Rester soi-même. Pour moi, c'est un fil rouge valable dans toutes les circonstances.

33. Une ville/un pays inspirant(e) ?

L'Angleterre, j'adore autant la campagne du Nord du pays que les côtes au Sud. C'est franchement les paysages et la culture que je préfère.


24. Une chanson, un disque qui a changé votre vie ?

Tellement de disque ont marqué des étapes dans ma vie mais je pense que Yesus de Kanye West, a représenté pour moi un vrai cap. Je lui dois mon ouverture au hip-hop et l'impulsion de me lancer en frontman sous le nom de Terrier. D'autres morceaux m'ont donné envie d'apprendre la batterie, la guitare, d'embrasser pour la première fois une nana.. J'aime bien comparer les souvenirs à une énorme discographie, une sorte de bande originale de sa propre vie.

5. L’époque de la musique que vous préférez ?

Clairement les seventies, le mood des albums de cette époque sont tous incroyables. Les artistes savaient écrire et enregistrer un disque en y déposant leur âme.


11. Un film/une série/un livre de chevet ?

South Park, la meilleure série pour déconnecter ! 

31. Une histoire derrière votre nom de scène ?

Terrier vient du lieu dans lequel j'ai commencé à composer et à écrire mes chansons. C'était une sorte de parking sous-terrain en banlieue parisienne qui avait un charme de fou. J'y ai passé des journées, des semaines, des nuits à en devenir complètement con mais c'était une expérience incroyable. J'ai vite comparé ce lieux à une sortie de nid, de trou ou un animal pouvait se sentir bien, en l'occurence, moi.


Elias Hauter dans Tourniquet

Terrier dans Traversée Punk


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