Les bleus à l'âme de Benjamin Cotto


Voix de velours sombre projetée dans la soie des cieux, c'est Le Grand bleu de Benjamin Cotto, le tout premier essai solo du guitar hero de Lilly Wood and the Prick - le duo présente parallèlement un quatrième album Most anything. Le Grand bleu est une fugue sentimentale que le crooner accompagne d'un clip long-format (8 minutes 27) posé sur la mer méditerranée, réalisé et joué par lui, avec également Marie-Ange Casta, Lou Lampros et Xavier Lemaitre. Bleu-mer, donc et blues des yeux des filles qui ont inspiré les héroïnes des 10 chansons de Bleu, un album annoncé pour la rentrée avec plusieurs invitées. L'occasion de soumettre Benjamin à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


27. Le meilleur conseil reçu?

« Si tu es à cette place, c’est que tu es légitime, alors fonce. » Et un autre, soufflé par mon ami Giacomo {Lecchi D’alessandro} en sortant de boîte. Je lui faisais écouter une de mes démos, il m’a lancé: « tu dois la chanter. » Jusque là, c’était une envie presque secrète. Chanter ne m’avait pas traversé l’esprit au sein de Lilly Wood and The Prick, Nili le fait tellement bien, et en plus dans un anglais parfait, c’est sa langue maternelle.



12. Un film qui vous a accompagné pour la réalisation du court-métrage Le Grand bleu ?

Plein Soleil et La Piscine, forcément. J’aime l’esthétique de ces films et la musique organique de cette époque, 1960-70, j’ai acheté un piano Wurlitzer spécialement pour l'album. La façon d’envisager le rapport amoureux dans ces années-là, plus innocent, me plaît beaucoup. Bleu est une sorte de carnet presque épistolaire où je parle de mes histoires amoureuses non abouties ou d’amitiés amoureuses. Une quête de l'amour à fleur de peau.

8. Qu’avez-vous appris sur vous en réalisant Bleu ?

Que j’étais capable de mener un projet reposant essentiellement sur moi, cela m’a comblé, équilibré, rendu plus adulte et plus autonome. C'est étrange, j'ai l'impression avec cette démarche solo parallèle à Lilly Wood and the Prick, d'entretenir une liaison avec une amante.


17. Une chanson que vous chantait vos grands-parents?

Mon grand-père Fernand qui a fait les deux grandes guerres et travaillait chez Tati chantait très souvent Carmen. Il était aussi danseur de claquettes et avait le sens du spectacle. Ma mamie qui travaillait, elle, au marché Saint-Pierre, passait beaucoup Mozart.

34. Une pochette de disques culte à vos yeux?

Celles de Roxy Music, Melody Nelson, de Serge Gainsbourg, Nightclubbing, Island life, Slave to the rythm, bref toutes les pochettes de Grace Jones par Jean-Paul Goude. Et même Blondes have more fun, de Rod Stewart, sur laquelle il enlace une femme en legging panthère. Kitsch mais joli.

15. La palme du style à…?

Gainsbourg, la personnage et le look. Brian Ferry pour sa super classe. Harry Styles, parce qu’il arrive à surprendre, à la fois masculin et féminin, trash et clean… Moi, j’aime bien la mode, j’ai démarré dans ce milieu, en travaillant comme JRI {Journaliste Reporter d'Images) pour Loïc Prigent et Mademoiselle Agnès. J’ai aussi monté le magazine Traffic sur la mobilité et la mode. Je porte des vêtements par goût ou pour accompagner un mouvement: photo, clip, télé…

1.Qu’avez-vous acheté avec votre premier cachet?

Le premier conséquent, une guitare achetée au patron du Plastic Bar, à Paris. Il adorait la musique. Il m'a raconté qu'un jour, un gars en sueur a débarqué dans son bar, pour lui demander de lui avancer 1000 €, il laissait en gage sa guitare qu’il devait récupérer un mois après, mais il n’est jamais revenu. C’était un modèle très spécial assemblé en plusieurs pièces, une guitare comme en utilise seul Rory Gallagher. Le son était incroyable. Dommage, on me l’a volée peu de temps après. Où est-elle? La légende se poursuit.


9. Une ou des ville(s) inspirante(s)?

Paris, ma ville natale, où j’aime flâner. Une de mes prochaines chansons, Doux printemps, est le reflet d’une ballade à Paris avec une fille, sur les quais, dans un parc aux cerisiers en fleurs. Londres m’inspire aussi: j’ai le souvenir du band-jazz d'un club qui, au milieu d’un set, a cédé sa place à trois jeunes en capuches, comme une passation de relais. Et New York, tellement musicale.