L'effet Owlle

Mis à jour : mars 28


Après France, un premier album enflammé par sa rousseur de vivre, Owlle propose Heavy weather, collection de ballades introspectives à la mélancolie radieuse. Rencontre avec la chanteuse et plasticienne sur qui compte la French pop: elle écrit aussi pour Cassius et HollySiz.


(c) Thibaut Grevet





La Révélation

Après mon diplôme de scénographe, obtenu à Monaco, j’ai passé un an aux Beaux-arts de Paris, j’assistais à beaucoup de concerts, j’y allais seule, et en voyant Little Dragon, au Point Ephémère, je me suis dit: ‘’je veux être Yukimi Nagano, je veux jouer dans cette salle.’’ Et c’est arrivé…. Lorsque j’imaginais une scénographie, tout partait d’une idée, j’ai compris que la musique relevait du même principe, et je me suis lancée. J’ai appris ce métier au moment où le public me découvrait. Je ne me sentais pas prête à capter tous ces regards, je ne me trouvais pas légitime, car autodidacte. A la fin de ma tournée, j’ai éprouvé comme un désenchantement, j’ai réalisé que ce métier se vivait par cycle, j’en finissais un et j’avais peur du vide. Trois années me séparent du premier album, France, et j’ai vu à quel point la musique était vitale pour moi, mais que je devais aller à mon rythme. Dans ma façon d’aborder la musique, je ne suis pas dans la logique du système, j’ai besoin de contemplation, d’introspection.




La Californie

Mon éditeur m’a proposée de participer à des writing camps, en Californie, pour rencontrer des producteurs, écrire pour d’autres… J’avais déjà signé des remixes, Heaven de Depeche Mode, avec qui j’ai eu la chance d’échanger, après leur concert au Palais Nikaïa, à Nice. Ou Chandelier de Sia, croisée par hasard sur la terrasse d’un restaurant, à Los Angeles. La Californie m’a inspirée, le côté triste, glauque, des corps magnifiques, mais à l’intérieur… Ces couchers de soleil merveilleux, le « June gloom », c’est à dire vivre L.A avec du vent, comme si la Scandinavie rencontrait la Californie. Le morceau Can’t go home est né d’une session d’écriture avec la chanteuse australienne Magen Washington, cela a donné la direction à l’album. Mes textes évoquent une solitude heureuse, une quête d’identité, une séparation suivie d’une déception amoureuse.




La Révolution

J’ai pris une autre orientation musicale en collaborant avec Dan Lévy, de The Do. Certaines chansons composées en Californie ont été récrites, d’autres, non. C’était une relation intéressante, pleine d’entre-chocs et de créativité. J’ai aussi changé de couleur de cheveux. Je n’avais plus envie d’être rousse, de projeter une image trop froide. J’ai même pensé reprendre mon prénom, France {Owlle est une contraction de Owl/chouette et de Elle } Quand j’ai posté mes chansons sur MySpace, je ne pensais pas à l’époque vivre tout cela. La styliste Marine Serre a confectionné ma tenue de scène, un collant chair avec des inscriptions, c’est désormais ma seconde peau. Pour les spectacles, j’ai imaginé une forêt de micros puisqu’il y a beaucoup de choeurs dans le disque, et au fil des concerts, cette forêt va grandir, grandir…


Heavy Weather. Jive Epic/Sonymusic

Le 18/12 à La Maroquinerie, Paris.

https://www.owlle.com/

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