L'art de dentellière d'India Hair

Dernière mise à jour : mars 23


(C) James Weston

Son nom, qui ressemble à un titre de chanson, est sur toutes les lèvres depuis Camille redouble mais c'est Rester Vertical puis Petit Paysan qui ont vraiment mis la lumière sur India Hair. En une vingtaine de rôles choisis, de second ou de premier plan, la trentenaire a montré son art savant de dentellière - c'est une comédienne habitée, tournée essentiellement vers son métier. Humble, profonde et hyperprésente sur les écrans, India Hair sera prochainement à l'affiche de plusieurs films, notamment Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain, Mandibules, de Quentin Dupieux, ou Poissonsexe, de Olivier Babinet, qui lui vaut une deuxième nomination aux César dans la catégorie Espoir féminin. L'occasion de la soumettre à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


1. Comédienne, hasard ou vocation?

Petite, je rêvais d’être danseuse, mais je n’étais pas très douée. A 10 ans, j'ai suivi des cours de théâtre, davantage à ma portée. Un professeur m’a prise au sérieux et encouragée, ce qui est important pour un enfant. Cela a creusé ma détermination. J’ai passé un bac option théâtre, puis le concours du Conservatoire de Nantes et celui de Paris



9. Votre dernier film en salles?

C'est Poissonsexe, un film fait avec des amis qui a mis cinq ans à se monter et tient une place particulière dans mon coeur: j’adore l’histoire, j’adore mon rôle.



22. Une rencontre déterminante sur votre parcours?

Alain Françon qui m'a guidée dans la façon de travailler, même si je ne l'ai pas saisi immédiatement, et m'a permis d'avoir une ligne de conduite, un cadre rigoureux, car il n'existe pas de méthode au Conservatoire, on doit la bâtir soit-même. Alain m'a donné des clés: ne jamais se considérer au dessus du texte, n'avoir ni cynisme ni jugement, garder une attitude pleine d'humilité face à l'auteur.


3. La scène de Mandibules que vous attendiez de tourner avec crainte ou gourmandise?

Mon personnage, Pascale, est un peu débordée, elle porte un gros poids de culpabilité, c’est elle qui la plus de charge mentale dans la famille. Je redoutais toutes ses scènes car je ne voulais pas décevoir Quentin et surtout celle de la rencontre avec la mouche, je pensais au plaisir du spectateur quand il la découvrirait. Sinon, en règle générale, je suis souvent sur le plateau, même lorsque je ne tourne pas. J’aime bien voir comment les plans se construisent, cela reste pour moi un moment magique.


34. Des repères, des modèles?

Yolande Moreau, une grande référence, elle est tellement unique. J’aime aussi beaucoup le côté vorace, à la fois très animal et très individuel de Bette Davis, j’ai beaucoup regardé ses films avec mes grands-parents. Et je suis très admirative du travail de Dominique Valadié, Dominique Blanc, Peter Brook, Thomas Ostermeier

8. Quels posters dans votre chambre d’adolescente?

Celui de Leonardo DiCaprio, un comédien fascinant. Encore une fois incroyable dans Il était une fois à Hollywod, de Quentin Tarantino.


28. Un livre, un film de chevet?

Je relis rarement les livres et ne revois pas non plus les films. En ce moment, mon livre de chevet, c’est Changing, de Liv Ullman. Le sujet me parle complètement, elle évoque le fait d’être à la fois actrice et mère de famille, et la façon de coordonner et de gérer une vie sans rythme établi.

15. Une anecdote à propos de votre nom?

Mes parents sont anglo-américains, ils ont vécu en Inde. India retranscrit l’amour pour ce pays. Je suis bilingue, cela m’est arrivé une fois de jouer en anglais, c’est très différent. Mon système de pensée est relié à quelque chose de plus intime, de plus familial.