Il était une première fois...Carla Bruni

Mis à jour : oct. 15



Un nomadisme sensuel et malicieux flottait dans l'air du tout premier album de Carla Bruni, Quelqu'un m'a dit (/...que tu m'aimais encore) cette année 2002. Des chansons qui parcouraient le coeur battant le quartier de Saint Germain des Près et les quais de la rive gauche où flottaient les noyées de Gainsbourg. Depuis, Carla Bruni a vécu quelques tours, détours et atours qui l'ont placée à la Une de tous les médias. Alors que sort son nouvel album Carla Bruni, un disque intime, facétieux et pétillant, la chanteuse revient sur ses premières fois musicales.


La première chanson écrite pour ce nouvel album?

Ma tournée s'est achevée en septembre dernier à Séoul et j’ai écrit Un Ange en novembre, à travers une mélodie de Michel Amsellem, emportée par une inspiration. J’aimais l’idée que l’on ait tous un ange-gardien, que l’on serait nous-mêmes des anges-gardiens et que l'on se garde les uns les autres, je suis un peu mystique. Cette chanson a déclenché un mouvement, et je me suis précipitée dans les chansons, 6 ou 7 chansons sont nées de novembre à noël, dont Les Séparés, sur une musique de Calogero. Et j’en ai terminé 9 pendant le confinement. Je les ai toutes maquettées.

Un rituel pour les premières séances en studio?

Le studio en soi est une espèce de rituel, toute une histoire se met en place dès le premier jour d’enregistrement avec des phrases typiques comme si il y a avait un leitmotiv à toute séance. C’est un endroit béni où les rapports de force sont bannis. Par contre, on se fait fait de vraies blagues de musiciens.


Voglio l'amore est la toute première chanson que vous chantez avec votre soeur?

Valeria et moi étions confinées ensemble, j’ai ajouté un rythme mid-tempo sur des notes de guitare et slamé dessus. Elle a adoré. Valeria a ce talent fou comme actrice, elle amène le texte ailleurs. Quand elle arrive dans la chanson, on a l’impression qu’elle fait irruption dans la pièce.

Les premiers retours sur le disque?

Forcément ceux d'Albin de la Simone, réalisateur de l'abum, de mon directeur artistique, de mon manager. Et à la maison, de Nicolas, le pauvre, et des enfants. Les deux étaient accablés. Aurélien est fan de métal. Giulia, d’Ariana Grande. Lorsqu’elle m’a vue à un show-case, elle m’a lancé: « quand tu te déhanches, maman, c’est gênant… »



Le premier jour de votre seconde vie, après le mannequinat ?

Je me souviens du premier jour où je n’ai pas eu du travail tous les jours tous les jours, cela s'est décidé tout seul, peu à peu on est moins sollicité… Quelque chose changeait, peut-être fallait-il voir ailleurs? J’ai eu de plus en plus de temps libre mais cela s’est fait assez harmonieusement. Naturellement, je me suis mis à réaliser des maquettes de chansons. Et à partir du moment où je pouvais les écouter, à faire un tri, et à les faire écouter à d'autres. J'avais déjà plein de morceaux enregistrées, mais tout d'un coup écrire pour Julien Clerc {Si j'étais elle} a ouvert une porte en moi-même et dans l’esprit d’autrui.

Le premier album acheté?

ChangesOneBowie, de Davie Bowie, la pochette était superbe avec ce portrait en noir et blanc. Je l’ai acheté à Champs Disques, sur les Champs Elysées, j'allais à l'école tout près, rue de Berri. Je cherchais aussi Gimme Shelter des Rolling Stones... La vendeuse a mal compris, elle m'a présenté des disques de Michèle Torr, qui est une fabuleuse chanteuse par ailleurs. Et une femme lumineuse.

Le premier groupe de lycée dont vous étiez fan?

J’étais fan et accompagnatrice de celui formé par Christopher Thompson à Janson de Sailly, et je suivais aussi Le Cri de la mouche, qui était dans son lycée. Je n’ai jamais fait partie d’un groupe, cela doit être rassurant pour commencer à être chanteuse.


Votre première guitare?

Une guitare classique sans doute brésilienne à grand manche sur laquelle on joue Bach. J’ai beaucoup beaucoup appris dessus. J'ai appris en jouant, je n'ai pas suivi de cours. Enfant, je pratiquais plutôt le piano et le violon, la guitare est plus accessible, surtout si l'on joue mal comme moi, d'ailleurs je ne joue pas, je compose. Cette guitare a brûlé dans l’incendie de l’appartement que je partageais avec ma soeur et mon frère, sous les combles de l’immeuble où habitaient mes parents. J’avais 19 ans. En général, je compose à la guitare. Pour mon dernier album, je me suis mise au piano pour écrire La Chambre vide, et un peu Comme si c'était hier, à 2 doigts, peut-être 3.

Le premier poster sur les murs de votre chambre d’enfant?

J'avais dans mon enfance, des posters de John Travolta, c'était l'époque de Grease, un masterpeace.

La première fois que vous vous êtes entendue à la radio?

Je me rappelle la surprise de m'entendre, cela a été un grand moment de plaisir. Dès les premières notes de Quelqu’un m’a dit, je me suis reconnue, je me suis habituée à moi, avec le temps.


Le premier concert?

C'était dans le cadre du festival des Inrocks, à La Cigale. J’ai chanté 4 ou 5 chansons. J’ai ressenti à la fois une sorte d’anesthésie, nécessaire pour avoir le courage de se produire sur scène, et l'impression très contradictoire de me sentir terriblement vivante. Je suis beaucoup plus confiante aujourd’hui, même si le trac est toujours là.


La première idée de pochette pour ce disque?

Yann {Orhan}, le photographe et moi-même, enfin surtout lui, avons eu l’idée d’une fille à la guitare devant sa maison comme si c'était l'été à Ocean Drive. Et cette photo nous a plu.


Carla Bruni. (Barclay)

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carlabruni.com



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