Ehla, Lady of song

Mis à jour : févr. 28


(C) Elodie Daguin

Les musiques de Pas d'ici, son E.P solaire, sont taillées pour aller de l'avant, avec des rimes R'n'B posées sur des tapis d'électro. Mais les textes d'Ehla sont des messages d'après-rupture, des regrets de ciels de Provence, ou des mots de colère. En une poignée d'années, Léa (Luciani, soeur de Clara) a marqué de son timbre les années Popstars (un titre écrit par Maître Gims), alterné les petits boulots (baby-sitter, hôtesse) et les grands élans: première partie de Grand Corps Malade - il lui a écrit J'ai cru. Ou l'Olympia en ouverture de Clara. Avec les chansons de Pas d'ici, signées par elle, la jeune trentenaire se dévoile, avec ses espoirs et ses tourments. L'occasion de la soumettre à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.



5. Une ville, une région, un pays qui vous inspire?

J’ai grandi aux environs de Marseille, et j’ai ressenti un manque fou en arrivant à Paris. Le sud m’inspire: déjà dans le train du retour, je compose sur mon synthé. La chanson Pas d’ici, parle de ce vide, de la capitale, et aussi du fait de se sentir un peu à part.


12. La citation qui vous accompagne?

« Ne craignez pas d’avancer lentement, craignez seulement de rester sur place », un proverbe de sagesse chinoise que j’essaie d’appliquer. J’ai avancé à mon rythme: Popstars, les concerts dans un petit bar, ma rencontre avec Jean-Rachid, puis, grâce à lui, de Grand Corps Malade...




13. La chanson: hasard ou vocation?

La musique est une passion depuis petite, mais je ne pensais pas en faire un métier, je me trouvais bien trop réservée. J’ai participé à un casting de télé-crochet sans ambition aucune en envoyant une vidéo où je reprenais Listen, de Beyoncé, accompagnée à la guitare par mon père. Et j’ai été choisie parmi 1000. J’ai quitté du jour au lendemain mon job d'agent administratif dans un centre de personnes poly-handicapées. Je n’ai pas eu peur, je savais où était ma place.


29. Une histoire derrière votre nom d'artiste?

J’ai la chance que mon père soit passionné de pop anglaise, de jazz, de soul. Découvrir Ella Fitzgerald, Stevie Wonder, la Motown, Donna Hathaway m’a fascinée enfant, procurée beaucoup de bonheur et énormément inspirée. Et puis Ehla reste proche de Léa, ce prénom me ressemble. Sur scène, je ne suis pas un personnage, je reste la même.


(C) Elodie Daguin

1. Qu’avez-vous fait avec votre premier cachet?

C’était à l'époque de Popstars et du groupe The Mess. Je me suis dit que l’on pouvait vivre de la musique. Cela m’a permis de m’installer dans un appartement à Paris, en colocation avec ma soeur.


35. Un duo rêvé... ?

...avec Claude Nougaro. Sa façon de chanter me touche, j’ai l’impression qu’il fait partie de la famille. Je reprends Il faut tourner la page, que ma mère écoute beaucoup. J’aime sa façon incroyable de faire swinguer le français.


22. Une chanson qui s’adresse à vous?

Ma soeur, bien sûr, de Clara. Quelle émotion de la découvrir! Et quand elle passe à la radio, mon coeur fond. Dans quelques années, quand le public me connaîtra mieux, j’aimerais la chanter avec elle, car ces mots, j'aurais pu les écrire.




15. Un exemple de figure féminine ?

Ma mère, féminine et féministe. Beauté Fatale, de Mona Chollet, m'a marquée à un moment où la dictature de la beauté, de la jeunesse, de l’idéal féminin, me mettait très en colère. Cela m’a inspirée Gueule d’ange.


E.P: Pas d'ici (Sainte-Victoire/Believe).

Les 23 et 24 mars au 1999 (Paris). Et en tournée.

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