Du dojo au ciné... toutes les vies de Syrus Shahidi

Mis à jour : mars 14


(C) Eric Guillemain

Son chemin est plein de détours et de tours du destin. Ceinture noire de judo, as de l'alto, assistant au sein du magazine Citizen K, Syrus Shahidi est devenu comédien presque par effraction. Et c'est à son rythme qu'il a imposé son nom dans 24 Jours, de Alexandre Arcady, où il incarnait Ilan Halimi. Ou Une Histoire de fou, de Robert Guédiguian, qui le dévoilait en arménien. Mais c'est bien les deux saisons de Plan Coeur - 8 millions de spectateurs sur Netflix, qui l'a propulsé dans la notoriété. Récemment, sa prestation tout en émotion intériorisée de Amare Amore de Julien Paolini (en salles actuellement), un Antigone dans la Sicile profonde d'aujourd'hui, est marqué de son jeu et de son empreinte. D'autant qu'il est aussi producteur délégué du film via La Réserve, une société co-fondée avec Julien Paolini et Clément Lecomte. L'occasion de le soumettre à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


1. Que faites-vous entre deux tournages?

Comme je suis très impatient, je ne veux pas attendre les rôles tomber, alors j’écris. Je m’installe aux terrasses de café, c’est très inspirant. Une situation peut me faire penser à quelque chose. J’ai co-écrit une série avec Julien Paolini, Roj, soleil en kurde. J’ai un film en projet, sur un fils d’émigré iranien à Paris, inspiré un peu par mon histoire. Il doit faire le choix entre un père spirituel, patron de magazine de mode et son père biologique. Sinon, j’adore voyager, c’est salvateur, on réfléchit sur soi. J’ai visité le Laos, le Cambodge, le Vietnam. Tourné deux fois au Liban. L’été dernier, j’ai passé trois semaines en Islande. Je dormais dans la voiture.




34. La comédie, hasard ou vocation?

J’étais l’assistant de Kappauf, le patron de Citizen K, comme je parlais trop vite , il m’a incité à travailler mon élocution. Je connaissais une dame de 83 ans qui donnait des cours de théâtre et je me suis lancé. A la représentation de fin d’année, j’ai interprété un extrait du Journal d’un fou, et on m’a proposé de le jouer sur scène. Cela a duré trois ans et demi.


9. Une autre passion?

Le judo est ma première passion. J'ai commencé ce sport dès mes cinq ans. Adolescent, je faisais partie du groupe Elite de Paris et m’entraînais avec Teddy Riner. J’ai gagné une fois le championnat de France, mais des blessures m’ont obligé à revoir mes plans. J’ai arrêté à 23 ans. La connaissance de m’on corps m’aide énormément dans mon travail de comédien.


Amare Amaro, de Julien Paolini


15. La citation qui vous accompagne?

Mon père qui est Iranien, réfugié politique, me dit souvent: « ce que tu ne peux pas voir dans l’eau claire, moi, je le vois dans la pierre. » C’est un littéraire, un musicien, il joue cinq ou six instruments dont le sitar, divinement bien. Moi-même, je pratique le alto.


Plan Coeur, avec Joséphine Drai

12. Une chanson qui vous rappelle votre enfance?

Ma mère, qui est Française, a adopté la culture perse. Elle passait beaucoup les disques de Googoosh à la maison, une chanteuse iranienne exilée aux USA. Je suis allée la voir récemment au Palais des Congrès.


27. Les personnages-clés de votre parcours?

Antoine, dans Plan coeur. C’était la première fois que l’on me reconnaissait dans la rue. Et ma première vraie comédie aussi. Et Gaëtano, dans Amore Amaro. Je fais un peu le grand écart entre eux.



30. La Palme du style à…?

James Franco, j’aime ce qu’il dégage. Et forcément Brando, Belmondo. Mon père regardait beaucoup les films de Belmondo, et petit, il me faisait rêver car il réalisait ses cascades lui-même.

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