Dans le smartphone de Suzane

Mis à jour : févr. 14


Entre hymnes pour clubs et chansons de rue, Suzane trace une route musicale pavée de chorégraphies de sons, de mots et de corps: elle a pratiqué quinze ans la danse classique en Avignon. Son premier EP accompagnait une tournée de 150 concerts et elle est à l’affiche des plus grands festivals d’été. Elle publie aujourd'hui son tout premier album, Toï Toï. Et est nommée aux Victoires de la musique dans la catégorie Révélation Scène. L’occasion pour Suzane de déverrouiller son smartphone.


Mes Notes

« J’ai commencé à écrire des chansons lorsque j’étais serveuse dans un bistrot du XXème arrondissement. Je prenais des notes sur des commandes: entrecôte bien cuite, cabillaud-haricots verts. Je les recopiais ensuite sur mon téléphone. L’Insatisfait est né ainsi, d’un client qui avait renvoyé plusieurs fois sa viande en cuisine. Il était insatisfait de la cuisson, moi de mon job. Monsieur Pomme vient d’un couple qui dînait, chacun l’oeil rivé sur son écran. J’observe beaucoup les gens dans le métro, ou dans les gares, où je me pose parfois. Mon oeil voit tout, les mimiques, les détails. Je capte, les discussions. C’est pour cela que je me définis comme conteuse du quotidien."


Un compte Instagram fétiche

« Je suivais Nicolas Huchard sur les réseaux sociaux avant de lui demander de collaborer à mes clips. J’ai eu la chance qu’il accepte. J’aime sa fluidité dans le mouvement, son imaginaire, son vocabulaire de la danse. Pendant quinze ans, j’ai pratiqué moi-même la danse, mais se motiver sans cesse pour être parmi les meilleures m’a étouffée. A17 ans, j’ai arrêté fois le Conservatoire et le lycée, et enchaîné les petits boulots: chorégraphe à Pierre et Vacances ou au Club Med, vendeuse de fromages au supermarché. »




L’inspiration de ma combi

« C’est un mélange d’Elvis Presley, de Bruce Lee et de Louis XIV. J’étais serveuse dans un diner à Montpellier, et les écrans diffusaient Jailhouse rock avec Elvis. Son costume s’est mélangé à celui de Bruce Lee dans La Fureur du dragon, vu tellement de fois avec mon père. Et au bleu roi de Louis XIV que j’aime énormément et que j’ai beaucoup étudié en cours d’histoire de la danse."




Ma bio Twitter/Instagram

« Conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro ».


Mes applis infos

« Le matin, je fais le tour des stories de Brut et Konbini sur Instagram. J’aime quand les infos sont relayées sans montage. »


Le hashtag qui me ressemble

« #SLT C’est le titre d’une chanson que j’ai voulue frontale et crue, qui procure le même effet que lorsqu’on reçoit des mots d’oppression. A 7 ans, j’étais très bonne au foot et jouais avec les garçons, puis ils m’ont exclue de l’équipe parce que j’étais une fille. Le refrain, « bats-toi fillette », vient de là. Mais il nous concerne toutes et à tous les âges, il est encore dure d’être une femme en 2019. Sur les images du clip de SLT, je joue aussi le rôle des mecs qui harcèlent les femmes, dans la rue, au travail, sur internet, pour éviter toute stigmatisation. »


Ma dernière recherche Google

« Des articles sur les tortues de mer qui meurent étouffées par les sachets en plastique. Une chanson me trotte dans la tête sur ce sujet horrible. »


Trois applis fétiches

« Uber Eats, pour clôturer une journée Netflix et aller jusqu’au bout de la flemme. Ma chanson La Flemme est d’ailleurs née de l'enchaînement de séries: Seinfield, The OA, Stranger Things, La Servante écarlate.

Yuka. Cela permet de vérifier la toxicité de ce que l’on consomme »

Instagram. Impossible de m'en décoller.


Mes derniers albums téléchargés

« Mura Masa: ses productions sont excellentes

« Vald: pour son côté rappeur excentrique

Billie Eilish: c’est fou d’être aussi aboutie dans son art si jeune »




La chanson qui tourne en boucle entre mes earsphone

« L’accordéoniste, d’Edith Piaf. Je la chantais dans les rues de Saint Rémy de Provence. J’adore sa façon de chanter le quotidien, sa voix, sa force. »


Mes dernières photos

« Celles de ma tournée en Chine, 12 dates en 16 jours, dont une en Mongolie. J’ai passé une journée à Beijing dans un temple magnifique. »


Toï Toï (Cinq 7). Au Trianon (Paris), le 26 mars. Et en tournée.


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