Dans le smartphone de Nikola



Une interprétation incandescente où chaque mot compte, le goût des clopes et des roses noires. C’est Nikola, qui présente Une Saison en enfance, ses 21 printemps projetés de Besançon dans le télé-crochet The Artist, en passant par les ombres et les lumières de Paname. Des chansons de villes et d’âmes, ivres et électriques, transpirant de la rage de Brel et des blessures de Souchon, ainsi cet A l’eau, dédié à sa maman, originaire du Montenegro. L’occasion idéale pour demander à Nikola de déverrouiller son smartphone.


En quoi votre smartphone vous sert-il dans votre création?

J’improvise énormément au piano et je m’enregistre au dictaphone. Quand j’étais gosse a jailli de cette façon vers 5 heures du matin. Le mix du EP, Une Saison en enfance, était déjà fini, mais j’ai voulu rajouter cette chanson née dans le mood particulier d'un travail introspectif . Elle est restée telle quelle, dans l’énergie et l’émotion de la première fois.

D’autres applis indispensables?

Notes est un carnet de bord inestimable. Depuis 2016, j’utilise un seul dossier sur lequel se déroulent toutes ces cinq dernières années. Mes textes sont retravaillés et enrichis à partir de cette note-là qui me permet de replonger dans les émotions authentiques de l'époque. Au bout de ma rue découle ainsi d’un texte écrit après avoir quitté Besançon. Sinon, j’ai utilisé Vidéo pour tourner le clip d’Avec le rouge. J'étais en train de faire des grimaces débiles devant le miroir de ma salle de bain en me brossant les dents et je me suis dit que ce genre de moments étaient finalement les rares qui restaient cachés du regard des autres, et cela m’a donné idée de poser le téléphone pour filmer ce quotidien banal.


3 applis incontournables?

Shazam qui m'a permis d'identifier récemment Les Deux guitares de Charles Aznavour, entendu à la radio, la musique me touchait. Sur Radio-France, j’écoute notamment Les Chemins de la philosophie et Affaires sensibles. Et Instagram, grave. Je demande aux abonnés quelles histoires ils relient à mes chansons; des fois, cela n’a rien à voir, d’autres, c’est vraiment proche.

L'album d'un artiste téléchargé dernièrement ?

Ceux de Mano Solo dont m’avait parlé La Grande Sophie. Très fort.

Quelles séries regardées en boucle?

Je regarde beaucoup sur Netflix des documentaires et Mister Robot. Et sur Arte, des sujets de société, des émissions scientifiques ou des docs artistiques.

Jamais sans mon smartphone?

Oui, il est toujours dans ma poche, sauf en période de création, où il est en mode avion.

Le hashtag suivi?

Des hashtags d'architecture sur le brutalisme et le béton brut utilisé par ce mouvement. Les immeubles socialistes ressemblent à ceux de mon pays, ils sont bruts à l’extérieur, plein de vie à l’intérieur. Inconsciemment, cela a peut-être influencé mes chansons, la musique a un côté brut quant les textes mettent en avant l’émotion.

Un achat récent sur internet?

Une carte son pour un concert. Mes achats sont en général liés à la musique.

Votre dernière recherche Google?

Avant un concert à Bordeaux, j’ai lu des informations sur cette ville où je n’étais jamais allé.

Un SMS jamais effacé?

Je ne suis pas très attaché aux SMS ni aux photos d’ailleurs, les souvenirs sont incrustés dans ma tête et dans mes textes.

Dans quel groupe WhatsApp êtes-vous ?

Celui de The Artist, on est tous restés en contact. The Artist a été une excellente expérience humaine et une formation professionnelle accélérée.


Qui sur votre playlist?

Le premier morceau de la playlist Spotify de mes 16 ans, jamais retouchée, est L’Enfant seul, d’Oxmo Puccino, c'est la chanson qui m’a non seulement fait du bien mais aussi donné envie de partager ma musique pour faire du bien à mon tour. J’ai eu la chance d'en parler à Oxmo, c’était un moment assez spécial, vraiment incroyable. Parmi les autres chansons de cette playlist, on trouve pas loin de L'Enfant seul, Ne me quitte pas, un masterpiece et des titres de Léo Ferré.



En tournée jusqu'en mars 2022. Toutes les dates sur le Facebook Nikolappx