Dans le smartphone de Louise Verneuil

Mis à jour : avr. 2


(c) Emma Picq

La lumière se lève sur le premier album de Louise Verneuil après un EP remarqué, porté par l'addictif morceau Nicotine. Lumière noire, donc, le titre de ce disque réalisé par Samy Osta (La Femme) tout en frissonnement, lascivité, abandon, corps brûlants, s'arrime autour de l'amour et ses déclinaisons. L'ancienne étudiante en journalisme, nomade et enthousiaste, qui a choisi pour prénom Louise - un lien avec les Louise de sa famille - et Verneuil pour la rue Gainsbourg, raconte au fil de ballades à la pop incandescente les accélérations, les ruptures, les déflagrations de la passion. Et aussi la chaleur des grands espaces, celle d'une aïeule adorée.Bref, une pop en ultra-violet qui rime avec sensualité. L'occasion de demander à Louise Verneuil de déverrouiller son smartphone.


En quoi votre smartphone vous sert-il dans votre création?

J'enregistre des mélodies chantées sur Dictaphone, je filme un bouton de fleur qui va amener une métaphore, je note des scènes de métro ou des dialogues saisis à des terrasses de café. En général, j’utilise le stylo et le carnet mais je le dédouble dans l'appli Notes. Je n’arrive pas à imaginer quelque chose qui ne raconte rien. C’est un grand débat amoureux: lui privilégie les jokes, le jeu avec les mots qu’il assemble. Moi, j'ai besoin d’observer et de vivre une situation, avant de le retranscrire en chanson.

Quels sont les autres points de départ de vos textes ?

La tension sensuelle de certains morceaux vient de La Piscine, de Jacques Deray. Une relation toxique a inspiré Nicotine. Les piqures de métal de Love corail, c'est une référence au tableau de Frida Khalo, Unos cuantos piquetitos (Quelques coups de couteau), d'après un faits-divers mexicain (un homme avait plaidé l'assassinat d'une femme par jalousie en disant: «Je lui ai seulement donné quelques petits coups de couteau! Rien de plus que quelques petits coups de couteau!».)


Un moment de l’enregistrement du disque fixé dans votre appli Photos?

Lorsque j’ai enregistré Emerencia, une chanson en hommage à mon arrière grand-mère que j’ai eu la chance de connaître. Une femme racée, très grande, elle mesurait 1,85 m, métissée, avant-gardiste, venue d’Andalousie en Arrière. Elle conduisait une 4L rouge remplie de châles. J’en ai laissé un dans le studio.


Le dernier album téléchargé?

Les chansons de Mina, star italienne découverte sur le tard. Le disque de Celeste, coup de coeur.

Le hashtag qui vous ressemble?

#love corail car l’amour ne cicatrise pas.


Les trois comptes Instagram à recommander?

Celui de Marc de Pierrefeu, il poste des extraits de films. The.girl.who.knows, c'est Mélissa, une cartomancienne et praticienne en hypnose. Guncotton guitars: un français installé en Angleterre qui vend des instruments vintage. Il m’a déniché une Martins de 67. Et le hashtag Slim Aarons, le seul auquel je suis abonné, pour ses photos de la jet set des années soixante, soixante-dix.


Votre dernier achat sur internet?

Un pull bleu turquoise avec col pelle à tarte et trois boutons sur le site vinted. Je regarde, j’achète, je vends ou je fantasme sur une tenue Courrèges ou Paco Rabane par exemple.

Les applis indispensables?

Reverso, pour la traduction français-anglais, et s'inventer son propre langage en franglais. Deliveroo même si j’adore cuisiner. Et Citymapper, car je marche beaucoup dans Paris, contrairement à Londres, car la ville est trop étendue, et je prends des photos avec mon appareil analogique.


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Lumière Noire (Mercury Records) Le 10 avril.


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