Dans le smartphone de Constance Verluca

Mis à jour : mars 28

Un disque Adieu Pony (2007) un scénario de film (Un Jeu d'enfant, de Laurent Tuel) deux livres pour enfants et puis s'en va après ces trois petits tours artistiques. Mais non, non, non. Constance l'intrépide a fondé en 2009 l'école de musique pour petits (et grands) Le Club Pop. Et elle a écrit et composé un nouvel album, Longtemps, dix chansons où son chant de femme-enfant jette un peu de soleil radieux dans l'eau froide de la mélancolie. Et pour l'occasion, elle déverrouille son smartphone.


(c) Hidiro

Mon appli Notes.

On trouve des mémos: « Dans l’espace », « Louis 2 », Grégoire en peignoir », « Passion développement », inspiré par La Passion selon Saint Mathieu. L’heure qui s’inscrit est marrante, je suis hyper-nocturne. Julien Baer, qui est ma troisième paire d’oreilles avec l’autre Julien (Hirsinger) m’engage souvent à écrire mes réflexions jaillies lors d'une conversation: « c’est bon, ça ». Par exemple, « c’est beau une femme en manteau. » Ensuite, avec Julien H, nos textes se mélangent.


Ma chanson née directement sur smarphone?

La Fille la plus triste du monde, je pensais l’être à cette minute-là, boulevard Beaumarchais, à Paris. Pourtant, je ne suis pas souvent triste et telle que je la décris, cette fille n’est pas du tout moi, mais cela offrait une possibilité rythmique dans les mots.




Mes inspirations pour Longtemps?

« Est-ce que j’ai le temps, la force et l’envie, ni la force en la vie », inspiré par un roman de Sagan.


Mes disques de chevet pendant que je composais Longtemps?

Bach. Je me suis mise au piano et j'ai travaillé « les petits préludes pour les commençants de Bach ». Prendre ses partitions et les transformer en chansons pop m’a donné l’idée d’accords. Sinon, naturellement, je ferais la même chose. Composer, c’est mathématique. Lorsqu’une chanson est finie, je me mets dans la situation de la découvrir pour la première fois, je l’écoute sur mon smartphone et me demande l’effet qu’elle ferait si elle passait dans un magasin.



Du Club Pop dans mes chansons.

J’ai fondé l’école de musique en sortant d’une tournée en 2009, je ne pouvais pas me résoudre à attendre la prochaine. Aujourd’hui, Le Club Pop compte 170 élèves et 4 profs. Quelque chose d’enfantin ressort de ma voix. Je chante avec les enfants, et lorsqu’on s’enregistre, on ne distingue pas mon timbre d’adulte. En début d’année, je leur fais entendre beaucoup de morceaux, ils choisissent leurs préférées. Ils évoluent hors des références culturelles. De 3 à 10 ans, Les Beatles ressortent toujours. Leurs nouveaux grands copains, c’est Philippe Katerine (La Banane), M (Qui de nous deux) et Daft Punk, qui fonctionne sur quatre accords en boucle.


Mon compte Instagram favori?

Celui d’un de mes meilleurs amis, Augustin Trapenard, rencontré quant il achevait Normale Sup. Il interviewe beaucoup d’artistes, c’est toujours intéressant. Mes petits élèves ont chanté avec Julien Doré et Katerine, dans son émission 21 cm, sur Canal +.


Mon site à recommander?

La Cinétek de la Cinémathèque des Réalisateurs propose des listes de films: le nom d’un film amène à un cinéaste et à un autre, j’adore cela. On n’avait pas la télévision à la maison, on n’allait pas au cinéma, mais j’avais une encyclopédie du 7ème art qui me permettait de regarder les photos des films de Murnau, Hitchcock, Capra. J’ai le même goût des pochettes de vynils, je scrute les crédits.


Ma dernière recherche Google?

C’était mètre. J’ai fait du latin et je m’amuse à retrouver l’étymologie des mots.


Mon appli rêvée?

Une qui me téléporterait dans le passé: je ne ne saurais pas expliquer l’électricité, la science ou la médecine, mais je clamerais que la femme est l’égale de l’homme et chanterais Les Beatles.


Longtemps.

Le Club Pop: http://www.leclubpop.com/

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