Cheu-B, le Capitaine Sky du trap


(C) Fifou

L'as du rap trap, le rap avec des dreads, a fait bouger les fondations du hip-hop. Passé par le XV Barbar, l'enfant du XVIIème de Paname, s'est fait un nom en une série morceaux au free-styles imparables marqués de la touche Cheu-B. Le Skyland, son univers a accueilli récemment quelques morceaux plébiscités, par exemple Encore une malette ou ce Sky4, Moët et Marion. L'occasion de soumettre Cheu à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question.


33. Un artiste ou un disque déclencheur?

Je ne pensais pas être artiste, vrai de vrai, mais je savais que je deviendrai quelqu’un, c’est ce que je disais aux profs. Je n’avais pas envie d’être comme tout le monde. Aucun artiste ne me motivait particulièrement, en tout cas pas consciemment. Par contre, j’étais attiré par les personnalités qui sortaient du lot, qui avaient un grain de folie, par exemple Dennis Rodman.


Du coup, la musique c’est davantage un hasard qu’une vocation?

Ou pas, car depuis tout petit, je baigne dans la musique, je suis imprégné de rythmes sans frontières, tous ces sons, au final, m’ont inspiré. Le déclic vient du quartier. Tous les jeunes faisaient des free-styles, des vidéos, nous aussi on représenté notre zone , et de fil en aiguille, le groupe s’est formé: XV Barbar.


1. Une histoire derrière ce nom de groupe, XV Barbar?

XV, donc 15 en chiffres romains, et bar bar, pour les deux barres qui font 17, comme notre 17ème arrondissement de Paris, entre Porte de Saint-Ouen, Porte de Clichy et la Fourche.

Et derrière Cheu-B?

C’est mon prénom à l’envers. Bechara est devenu Be-Cheu, et Cheu-B. Ce blaze est resté. En général, on m’appelle Cheu. Ou Big Cheu.

7. Qu’avez-vous fait avec votre premier cachet ?

J’en ai donné une très grosse partie à ma mère, et avec le petit billet qui restait, je me suis acheté des sapes. A l’époque, on ne grattait pas autant d’argent que les petits rappeurs émergents d’aujourd’hui.


Moët & Marion

12. Un album fondateur?

Lorsque j’allais au foot dans le 94, à Vincennes, j’écoutais beaucoup les disques de Rhoff, Booba, Sexion D’assaut. Mais j’ai grandi aussi avec des clips en dessins animés qui m’éclataient: Daft Punk, Gorillaz, Red Hot Chilli Peppers. Dès que le son passait, c’était la folie à la maison.

3. Une citation, un conseil, une punchline qui vous accompagnent?

Plutôt un état d’esprit: « profite du moment présent, ne t’accroche à rien, car tout est éphémère. » Tout l’est: le buzz, la richesse, la beauté… J’avance dans la vie en me faisant ma propre analyse des choses.

29. Une chanson qui vous rappelle l’école?

Boulbi, de Booba, au CM1. gGâce à mes grands cousins. j’écoute du rap depuis que j’ai six ans.


16. Qu’est-ce qui vous inspire?

La vie. La plupart du temps, le texte naît en studio. Parfois, avant d’enregistrer, je note quelques phrases qui me servent de point de départ pour ces impros.

10. Un duo ou un featuring rêvé avec un artiste vivant ou disparu?

Avec Michael Jacskon, très très très puissant. Et DJ Arafat, figure du mouvement ivoirien coupé- décalé.

33. La palme du style à…

Migos. Trop fort.

Vous avez été l’ambassadeur de Reebok?

J’ai super kiffé cette collaboration avec Reebok, une grosse écurie, des mecs lourds, des pros de pros… J’étais en affiche dans tous les Courir de France. Cette expérience va me servir pour ma propre ligne de sape que je compte sortir bientôt.

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