Charlotte Mevel, la vie en rousse




Rousse et alors? Charlotte Mevel déroule dans une bande dessinée justement intitulée La Rousseur pointée du doigt le côté sombre d'un chevelure associée longtemps à la sorcellerie et à la luxure, et raconte les procès, persécutions, préjugés subis par les rou.x.sses. Armée d'une solide documentation historique, de témoignages et de pas mal d'humour, la dessinatrice, diplômée en design graphique et formée aux Beaux-Arts de Rennes, se met en scène dans ce livre tout en sourires et coups de gueule dont le déclencheur a été la naissance de son fils. Mais qui est aussi un hommage échevelé aux icônes Sonia Rykiel, Nicole Kidman, Isabelle Huppert... L'occasion de soumettre Charlotte Mevel à l'interview Roulette Ruse. Une appli, des numéros tirés en aléatoire, chacun correspondant à une question. L'occasion de soumettre India Hair à l'interview Roulette Ruse.


8. Le dessin, hasard ou vocation?

Pas de hasard, le dessin a toujours été une évidence, je savais que j’en ferais mon métier, mais sous quelle forme ? J’ai voulu être styliste, graphiste, illustratrice, céramiste… J’ai suivi un formation en arts appliqués et je suis devenue graphiste illustratrice indépendante. J’ai mis très longtemps avant de comprendre que je tournais autour de la bande dessinée depuis le début. J’en dessinais enfant, ado - à 17 ans, mes amis m’ont incitée à envoyer mon premier projet bd à un éditeur dont j’étais déjà fan à l'époque: L’Association. A part quelques essais de fanzine et autre gazette auto éditée, le dessin est resté entre parenthèses jusqu’à l’arrivée de mon premier enfant qui m'a permis de renouer avec le dessin grâce à ce premier album. Je ne compte pas lâcher mes crayons de si tôt !

36. Le plus grand malentendu sur les roux.sses?

Non les roux.sses n’ont pas les cheveux rouges parce qu’ils sont conçus pendant les règles de leur mère. Et, non ils ne sentent pas mauvais !

27. Une bédé qui vous ramène en enfance? Calvin & Hobbes ou Lucky Luke.

3. Quelles pages avez-vous été le plus pressée de dessiner?

Une des premières que j’ai dessiné, celle de la naissance de mon fils. Puisque que tout est parti de là. Et aussi les pages colorées, qui tiennent plus de l’illustration et où j’ai pu exprimer une perception plus personnelle de la rousseur.







15. Écoutez-vous de la musique en dessinant?

Impossible d'écouter de la musique en dessinant mais je travaille rarement dans le silence, j’écoute plutôt la radio ou des podcasts.

1. Un livre de chevet?

Tout en haut de la pile ,Peau d’homme, de Hubert et Zanzim (Glénat) et, jamais très loin, mon Jack Palmer préféré, La Dent creuse, de Pétillon (Echo des Savannes), une édition souple en noir et blanc que j’ai depuis que je suis petite et que je relis régulièrement pour admirer tous les micro-détails géniaux cachés dans chaque case.



19/ Que faites-vous entre deux bandes dessinées?

Je m’éparpille dans d’autres projets : mon travail de graphiste évènementielle; des travaux (mon truc c’est la maçonnerie) pour rénover une maison en pierre de 1642. Je bricole aussi avec mes enfants une cabane-bateau-de-pirate. Je participais jusqu’à présent à l’organisation d’un festival de musique actuelle. Et, depuis peu, je me forme à une autre technique de dessin, par exemple le tatouage...

23. Une auteure qui a bousculé votre vie? La découverte de Pénélope Bagieu a été révélatrice. Son approche de la bande dessinée est intelligente, pertinente, elle m'a fait comprendre qu’il s’agissait avant tout, de plaisir. Le fait de s’éclater en faisant de la bd suffit à légitimer le travail engagé. Si en plus ça plaît aux autres ensuite, c’est encore mieux.


La Rousseur. Delcourt. 112p.; 14,50€.

charlottemevel.com